SI SEULEMENT....


Cela fait presque un mois que je n'ai plus regardé les infos.

Depuis la fin de la guerre,la classe politique se dechire dans tous les sens ,dans l'indifference la plus totale.
Notre vie a repris son cours le plus normal.
Il nous arrive bien quelquefois de jeter un regard par dela les montagnes ,un brin inquiet...mais sans plus.
On a deja oublié...c'est comme ca et tant mieux.
Les scenarios apocalyptiques que nous envisagions ,eux aussi sont rangés dans le tiroir et l'on feint de croire que tout s'arrangera.

En fait , je crois bien que je suis fatigué de toute cette tension qui nous aura habité pendant cet etrange été.
J'ai envie de vacances,loin ,tres loin aux iles Grenadines par exemple.
La rentrée nous est tombée dessus sans un instant de repit.

J'ai envie d'une vie normale et débile..a regarder passer les mouettes et savoir mon fils tranquille a l'ecole, sans qu'on puisse m'appeller en urgence pour l'emmener vers l'abri le plus proche.

Il est content mon fils,il vient de rentrer au cours preparatoire , ici on appelle cela "kita aleph".

C'est quand meme dingue,moi qui ai l'impression d'en etre a peine sorti je viens d'emmener mon garcon a la grande école avec son cartable, sa trousse et son sandwich au fromage jaune pret pour la récré de 10 h.

Ici la maitresse ne s'appelle pas madame Guillou mais Enat. Elle a peine trente ans et on lui parle comme a une pote.
On arrive en short et en sandales , pas de platanes dans la cour mais des palmiers , pas de grands ecaliers en bois ni meme d'immenses fenetres a l'ancienne; pas non plus de vielles tables a casiers avec le petit trou pour l'encrier;
ca y est...je suis devenu un vieux con a ressortir des souvenirs d'il ya trente ans.

Il a l'air heureux mon fils, il a envie d'apprendre; envie de grandir...de jouer au foot (jouer au foot maintenant ,c'est d'abord apprendre a mettre un coup de boule a la Zizou).


C'est vrai,on a toujours envie de voir en son fils une copie conforme en petit de soi-meme;
on reve secretement de le voir traverser les memes endroits et les memes émotions;
mais la, ya pas photo c'est chouette d'aller a l'ecole ,ici comme ca, dans ces conditions.

Vivre le debut de sa scolarité dans cette ambiance decontractée si typiquement israelienne, si loin de la rigidité des écoles publiques de mon enfance , c'est le top du top,le must,quoi....(yes,yes ...).
Il apprend ce que je ne connais toujours pas aujourd'hui: les arbres, les animaux et les chemins de traverse d'une Galilée verdoyante;spontanée et nature, loin du metro et des trottoirs couleur gris déprime .

Si seulement il n'ya avait pas cette menace au loin d'une katiousha qui se perde....d'une armée qui attend tous ces enfants, futurs soldats prets a tomber au front.
Qu'ils restent le plus longtemps des enfants , a faire des patés au bord de l'eau et s'extasier devant le soleil qui va faire dodo....

5 commentaires:

SCARLET said...

Petit à petit tu reviens à tes premières amours pour la présentation de ton blog .Qu'importe !!!
C'est le contenu qui importe .
EMOUVANT , ton billet sur la rentrée des classes de ton petit garçon,sur tes souvenirs de France qui sont aussi les nôtres .
Dans ton écriture,transparaît beaucoup de sensibilité,hormis le sens de l'humour qui se devine entre les lignes , même lorsqu'il n'est pas clairement affiché .
Deux qualités qui font que je suis une lectrice assidue de ton blog .
Il y en a qui vont trouver à redire comme d'habitude .A ceux-là je dirai qu'il est beaucoup plus simple de dire des gentillesses .
Ils n'ont qu'à essayer !
Mais pour cela , il faut être en paix avec soi-même, avant de l'être avec les autres !!!
A bon entendeur, salut !

Byalpel said...

Très bel article. Ca fait du bien de sortir de cette tragédie.

Ma soeur, mon bof et ses trois petiots ont émigré il y a maintenant 3 semaines. Pres de Pisgat Zeev.

Ils nous ouvrent la voie. Moi aussi je veux voir mes petits aller à l'école sous les palmiers...

Anonymous said...

Salut ALAIN!!! On vit en parallele.Toi, ton fils ,moi ma fille ,cette femme!!!Une journee à l'AJ,à m'expliquer le programme ATID à me questionner et à nous évaluer.Mon reve de jeunesse, c'est elle qui va le vivre,sans appréhension,avec bonheur dans ses sandales,sur le sol de son pays!!Le 1 octobre,elle commencera à vivre le "REVE ISRAELIEN"... à bientot.WILLIAM de marseille

Rebecca said...

Trés Beau texte ..je suis sous le charme ..malgré cette guerre dites vous... que vous etes chez vous parmi les votres

faustynka said...

Ton post nous rappelles ce qui est le plus important, ces moments que nous ne savourons jamais assez, mais que nous gardons dans nos coeurs comme une friandise inusable. Ma cadette, 10 ans, vient aussi de faire sa rentrée des classes, souls les palmiers de l'Ouest Américain, pleine d'enthousiasme et d'attente à l'école du jour de notre "J" (le surnom des Jewish Community Center aux USA). Il y a quatre nouveaux enfants qui viennent d'arriver d'Israel, dont les parents sont en congé sabbatique ici. L' école est assez internationale comme dans mon enfance, mais comme toi, je me rappelles les bancs en vrai bois, les trous pour les encriers si noirs, les escaliers bruyants en bois grinçant comme des arbres qui pleurent, les fenêtres si hautes que le ciel lui-même semblait entrer dans la classe. Ma petite m'a fait acheter une vraie plume et de l'encre après que je lui ai parlé des écoles "de quand j'étais petite". Rien n'est jamais perdu, les enfants adorent les histoires de leurs parenst quand ils avaient le même age. Merci pour ton blog