Le festival a connu dès son deuxième jour, vendredi, sa première grande émotion grâce à un film israélien, A waltz with Bachir.
Un film d'animation qui trace les souvenirs d'un soldat bouleversé à tout jamais par ce qu'il a vécu, 25 ans plus tôt à Sabra et Chatila; ces deux camps de réfugiés palestiniens où des milices libanaises ont littéralement exterminé des centaines de femmes et d'enfants. Les soldats israéliens, sous la direction de Sharon, furent longtemps accusés de complicité ou du moins de manque d'assistance; jusqu'aujourd'hui on en sait guère plus malgré les conclusions d'une commission d'enquête à la fin des années 80.
Toujours est-il que cet épisode tragique de la première guerre du Liban a traumatisé de nombreux soldats et officiers ainsi qu'une partie de la population israélienne.
Valse avec Bashir décrit les tourments de ce soldat à la retraite. Un film d'animation façon Persepolis qui mêle images de synthèses avec images réelles; une symphonie visuelle et musicale. Je n'ai pas vu le film mais certains parlent de chef-d'œuvre et décrivent son carcatère unique et innovateur. Les spécialistes le voient déjà en haut du Palmarès (ici et La). Persepolis fut à deux doigts de remporter la Palme l'année dernière. Beaucoup sont d'accords pour affirmer que "Valse avec Bashir" va plus loin encore.
La première palme d'or israélienne dans quelques jours?
La bande annonce:
Mercredi matin, Downtown Haifa.
Le quartier arabe, le souk, est envahi par des milliers d'israéliens qui viennent faire leur emplettes de viande. Le Yom Hatsmaout est depuis des années symbole, avant tout de barbecue géant. On fête son histoire et son indépendance mais aussi et surtout son amour pour la brochette grillée. Dans ce quartier où vivent ensemble, chrétiens, juifs et arabes, la viande est bon marché et souvent meilleure que dans les boucheries cachères.
En ce jour de fête, des millions d'israéliens se rendront dans les parcs et plages du pays pour faire parler leur amour de la vache, du poulet, de l'agneau et même du cochon pour certains.
Mercredi soir, Carmel Haifa.
Les cérémonies ont commencé a 20h, feux d'artifice, effets lumières et lasers à la Puy du fou sur les collines du Mont Bahai. des centaines de milliers de personnes dans les rues , des drapeaux, ballons qui flottent en blanc et bleu. 60 ans cela se fête. On a senti pourtant, un désir de ne pas en faire trop. Pas de tapage, ni de commémoration extravagante. Les gens sont heureux mais pas exubérants. Tout en retenue, en attendant mieux un jour peut-être.
Israël est fier d'être en arrivé là mais inquiet aussi sur son avenir et fatigué par 60 ans de lutte.
Depuis son indépendance en 1948 Israël n'a pas connu le moindre répit; toujours sur la défensive face cet environnement hostile. Guerres subies ou initiées, deux générations d'israéliens en permanence sur le qui vive. Et 60 ans de cohabitation douloureuse également avec des cousins palestiniens qui rêvent de célébrer, eux aussi, une fête d'indépendance.
5 guerres, 2 intifadas, des centaines d'attentats pour milliers de morts et cette question qui demeure; A quand la Paix?
En regardant ces enfants agiter leur jolis drapeaux étoilés, je me posais la question: vivront-ils un jour sans armée ou seront-ils contraints à vivre éternellement et leurs enfants, avec dans ce pays "qui ne vit pas comme les autres"?
Pas de réponse immédiate... j'ai mes côtelettes qui sont prêtes je crois.
Israël s'apprête dans quelques jours à fêter ses 60 ans; les festivités sont prêtes; nous en reparlerons. Voici en attendant une affiche qui tourne sur Internet assez amusante.
Chacun comprendra ce qu'il peut. La traduction n'a pas été évidente puisqu'il y a beaucoup de blagues assez "israéliennes" . 100% humour noir et un bilan assez pessimiste mais avec une pointe de justesse.
Traduction:
A VENDRE PAYS DE 60 ANS
Date de fabrication :1948
Type : Arcadiland (référence à Arcady Gaymak)
Couleur: 30% blanc, 70% noir
Propriétaires précédents: ottomans, Anglais
Propriétaire actuel: 19 familles et les Etats-unis
Électricité: branchée grâce à des combines
Fauteuils intérieurs: pour ceux qui ont les moyens
Châssis: construit correctement mais se détériore rapidement avec le temps
Nombre de passagers: 1 au volant et 7 millions à ses cotés qui l'insultent
Description générale: 60 ans, commença bien mais délaissée depuis, laborieuse dans les montées et tousse dans les descentes. Boite automatique ou plutôt tir automatique; direction assistée ...
Demande sur le marché: très demandée dans les pays arabes
Echange possible: Oui (car y en a marre) non (car l'Ouganda est occupé)
Fenêtres: Windows only
Prix: au plus offrant (allusion à Pessach)
L'offre est valable jusqu'à fin de stock ou jusqu'à l'arrivée du Messie.
Labels: societe

Comme un symbole, en ce jour du souvenir de la Shoah, il pleut sur Israël, inhabituel en cette période de l'année. Gris maussade pour une journée de recueillement et de silence; pas de musique, de télé, pas d'effervescence extérieure.
A 10 h la sirène lancinante retentit, deux minutes de silence. Ou que vous soyez, dans un bus, dans la rue, au bureau ou au restaurant, tout s'arrête. Un peuple entier se lève pour observer cet instant.
Comment se recueille-on, sur qui, sur quoi ? A quoi penser pendant cette minute de silence, vous pensez à quoi vous pendant une minute de silence? J'ai toujours eu du mal avec ces instants...sur quoi se concentrer? Mais ce jour de la Shoah est intense tant le malheur fut grand et tant l'état d'Israël est encore lié âme et corps à cette abominable holocauste.
En fermant les yeux pendant cette minute, je tentais de me connecter via un fil intemporel avec un inconnu d'une autre époque. Établir un lien imaginaire avec l'âme d'un homme pris au piège par la terreur nazie. Je l'imagine au fond de son camp de concentration, prier et se demander si un jour dans 40-60- 100 ans des hommes auront vaincu le barbarisme, se souviendront de lui et honoreront la mémoire d'un peuple massacré. Si au delà du temps, des hommes s'arrêteront pour se souvenir. 70 après, le barbarisme resurgit parfois encore et notre vigilance s'effrite.
Oui, nous sommes là, je suis là, quelques instants, nous pensons à toi mon ami, mon frère. Nous ne t'avons pas oublié. Nous nous rappelons ta souffrance et nous nous promettons à nos enfants que cela ne se reproduira jamais.
Puis en ouvrant les yeux, je fus ébloui par la réalité du présent celle du miracle juif-israélien; être là dans cet état d'Israël, imparfait, souffrant, chancelant parfois mais toujours vivant et qui s'apprête à fêter ses 60 ans.
Et c'est cela leur victoire, le triomphe de 6 millions de juifs qui ont péri injustement. J'espère que quelques part la haut, la bas, ils sont fiers.
Il y a sept mois de cela, quand Avraham Grant fut nommé en remplacement de Jose Mourinho, comme entraîneur de Chelsea, l'Europe entière du football se moqua de lui ouvertement. La presse anglaise le descendit en bonne et due forme. Même en Israël, les médias ne lui accordèrent que très peu de chances de réussir et se montrèrent pessimistes. Je dois avouer moi même lui avoir donné un petit mois avant que Roman Abramovitch, propriétaire de Chelsea, ne lui trouve un remplaçant de renom. Chelsea ne pouvait accorder pas ce poste à un parfait inconnu sans aucune expérience au plus haut niveau.
Et bien voila, nous sommes tous ridiculisés. Chelsea s'est hier qualifié pour la finale de la "Champions' league" et Chelsea est en tête du championnat avec Manchester, a deux journees de la fin du. Avraham Grant ancien entraîneur du Maccabi Haifa et de l'équipe nationale israélienne est sur le point de remporter le plus prestigieux trophée européen, la coupe aux grandes oreilles.
Hier soir, Avraham Grant est tombé à genoux sur le bord de touche, emporté par l'émotion d'une telle victoire en cette veille du Yom Hashoah. Quelques instants plut tôt Frank Lampard avait fondu en larmes après avoir inscrit le penalty décisif. Il enterre sa mère aujourd'hui. Une soirée dramatique et théâtrale; impensable et si propre au football.
On aura beau dire qu'avec une telle équipe c'est difficile de mal faire, il faut lui rendre hommage et lui tirer notre chapeau. surtout quand on sait qu'un effectif à un milliard d'euros ne garantit ni le spectacle ni les résultats. On le voit cette année à Barcelone (Deco, Ronaldhino, Henry, Messi, Eto!). Avraham Grant a réussi là ou Mourinho avait échoué (avec une meilleure équipe encore). Grant a baissé la tête et mis de coté les caricatures, insultes et même menaces de mort.
Il a remporté son pari quoi qu'il advienne dorénavant.
Il est aujourd'hui sur le toit de l'Europe du football (ou presque). Pas mal pour un petit entraîneur de foot israélien.
(Photo crédit: The Sun)
Cela fait longtemps que le sujet me démange. Je crois qu'assez de choses se disent et s'écrivent sur Facebook et pourtant je souhaitais glisser mon avis. (c'est une maladie)
Les amis Internet sur Facebook. Y a ceux qui disent "moi j'ai comme amis sur Facebook, que des vrais amis que je connais personnellement ou presque"; et puis il y a les autres qui ont 700 amis dont 50 vrais.
Peu importe. Certains s'en servent comme un instrument de travail, de communication voire de marketing, d'autres s'amusent et socialisent. Et je ne connais pas l'univers de ceux qui doivent brancher du matin au soir. Mais j'imagine facilement.
On pourra critiquer autant qu'on veut, Facebook aura révolutionné à sa façon Internet et d'une certaine manière nos relations humaines. Facebook est intrusif, envahissant, parfois énervant avec ses invitations permanentes à des groupes aberrants et ses "vous a laissé un message sur le Super wall" . Facebook fait peur sous ses habits de BigBrother et ses polémiques sur la confidentialité, la mobilité des données etc,etc....
Pourtant Facebook nous a offert un nouveau bac à sable pour nous, grands enfants retardés, accrocs au syndrome web. Qui n'a pas cherché et retrouvé ses potes du Cm2 ? et la fille de la boulangère, petite rousse canon comme Laura Ingals mais qui a pris un sérieux coup de vieux. (Par la même occasion Facebook a quasiment effacé tous les réseaux d'anciens copains de classe). Facebook nous procure des instants de joie ou d'étonnement...parfois même d'émotion pour les plus sensibles. Et juste pour cela cela vaut le coup de click, le détour sur la toile. Retrouver un ami proche d'enfance du fond du 18eme arrondissement, qui est devenu musicien de Rock à Tucson, Arizona. Moi, ça m'a fait plaisir. Je suis reconnaissant à Facebook, c'est bête mais c'est comme ça. Et je trouve ça chouette aussi de voir les photos des autres. Sans voyeurisme aucun, ou presque.
Sans parler de certains groupes qui peuvent être très utiles et permettent de vraies rencontres. Je parle de ceux qui soutiennent des cause intéressantes oui qui donnent des conseils ou aident à trouver du travail, pas ceux qui sont contre la feuille de laitue sous le steak dans les brasseries parisiennes.
Facebook a su créer le premier réseau mondial. Tout simplement. Le monde entier est connecté. Les chances de trouver une vieille connaissance ou d'établir un contact professionnel intéressant sont énormes. Facebook a su relier les hommes entre eux via internet, ça sonne comme une pub pour Manpower, mais c'est un peu vrai.
Ce qu'il manque aujourd'hui (mais ça se prépare) c'est l'intégration parfaite de votre émail au milieu d'un tel réseau. La plateforme sera complète. Agacé aussi de voir les profits potentiels ou réalisés avec nos pages de profil, à la merci des publicitaires sans que nous ayons droit à quoique ce soit, pour l'instant. Nous ne contrôlons pas Facebook.
Trop d'informations , trop de données, trop d'exposition? On a bien envie de tout balancer parfois et d'ignorer notre vie sociale sur Internet. Pas besoin d'être en permanence connecté, pas besoin de toujours savoir ce que font les autres ou de crier au monde ce que l'on fait. Envie d'etre tranquille; je sais, et pourtant...
Tout ceci constitue le lot de réflexions d'une nouvelle génération, la notre, celle d'Internet, des réseaux sociaux, de ces vies sous l'emprise d'une ultra communication débordante. De nouveaux comportements pour l'individu à analyser et à adopter au quotidien. Facebook est un monstre mais un monstre gentil, une sorte de Shrek en fait. A savoir apprivoiser.
Labels: Internet
Il est difficile de comprendre l'attitude des FARC qui se refusent, pour l'instant (un dénouement semble proche) à libérer d'Ingrid Betancourt. Difficile de comprendre les motivations de ce groupe qui non seulement joue avec la vie de cette femme, apparemment au bord de la mort, mais risque en plus, si ce n'est déjà fait, de se mettre à dos l'ensemble de la communauté internationale. Le groupe perçu comme un mouvement terroriste est en train de perdre tout crédit politique. Son combat prendra fin si Ingrid Betancourt devait mourir. Difficile d'admettre également tant de cruauté.
Il est assez touchant de voir les efforts entrepris par Nicolas Sarkozy et la France pour sauver la franco-colombienne. Le président Français, s'il réussi dans son entreprise aura fait preuve d'une détermination et d'un courage plutôt nouveau pour un président Français.
On aimerait bien qu'il en soit de même pour Gilad Shalit. Ce dernier est aussi un citoyen français. C'est vrai qu'il a l'air "un peu moins français" qu'Ingrid Betancourt, que ses proches ne parlent pas un mot de français et n'apparaissent pas au journal de 20 heures toutes les semaines. Gilad a-t-il de la famille en France? Ses proches français se manifestent-ils avec la même force que le font ceux d'Ingrid Betancourt? Ils devraient.
Certes, Ingrid était et est un personnage médiatique politique important en Colombie venant d'une famille riche et puissante. Gilad n'est, lui, qu'un simple soldat au cœur d'un conflit si complexe ; certains même n'hésitent pas à justifier son terrible enlèvement. L'enlèvement est une concept barbare et inhumain; qu'il s'agisse d'un soldat ou d'un civil.
De plus, la situation au moyen-orient est plus compliquée (quoique....) qu'en Colombie et les dirigeants internationaux hésitent à se mêler des affaires palestino-israéliennes déjà bien douloureuses. Les français n'ont sans doute pas envie de s'adresser aux dirigeants palestiniens comme ils s'adressent aux FARC et de commencer à négocier avec le Hamas, les Egyptiens et les Israéliens. Le Hamas réclame près d'un millier de prisonniers palestiniens en échange de Gilad. On voit mal la France intervenir dans ces négociations; pourtant la vie de ce tout jeune homme a été dérobée.
Aussi dramatiques que soient les furtives images perçues de la sénatrice franco-colombienne, l'état de santé de Gilad Shalit n'est sans doute guère plus brillant et sa situation tout aussi dramatique. Et les geôliers du Hamas ne sont certainement pas plus "sympathiques" que ceux des FARC.
La famille Shalit et nous tous attendons de la France et de son président la même volonté et le même engagement. Un passeport français est un passeport français. Point. La France se doit d'aider ses citoyens, tous sans exception, où qu'ils soient.